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Comment se fait-il que certaines personnes se mettent à boire trop ou deviennent des consommateurs problématiques ? Et pourquoi, souvent, continuent-ils alors que les inconvénients deviennent plus qu'évidents ?

Le triangle Personne-Produit-Contexte permet de répondre en partie à cette question.
En savoir plus sur la consommation d'alcool : personne-produit-contexte 

Une autre réponse à cette question est celle des cercles (vicieux) de Van Dijk qui s'appliquent tant à la consommation d'alcool qu'à celle de drogues. Selon Van Dijk, il existe quatre processus (ou "cercles") qui peuvent être enclenchés par une consommation fréquente d'alcool.

Le cercle pharmacologique ou physique

Il se caractérise par trois symptômes principaux :

La tolérance

L'organisme réagit à l'action de l'alcool (ou d'autres drogues) et essaie d'en neutraliser les effets. Les premières fois, ou en cas de consommation modérée, il réagit très lentement et les effets de l'alcool se font ainsi ressentir fortement et rapidement.

Mais au fur et à mesure, avec un apport régulier et important en alcool, l'organisme réagit de plus en plus rapidement et compense alors plus efficacement l'action de l'alcool. Par conséquent, pour une même dose, le consommateur ou la consommatrice régulier·e et abusif·ve ressent moins les effets de l'alcool.

Pour ressentir le même effet qu'au début, il devra boire plus. Il s'agit du phénomène de tolérance.

Les symptômes de sevrage

Avec le temps, l'organisme apprend qu'un premier verre d'alcool sera suivi de beaucoup d'autres. Il anticipe alors la situation en "surcompensant". C'est cela qui produit une sensation désagréable lorsque la quantité d'alcool dans l'organisme est trop faible (par rapport à la normale). Vous éprouvez alors ce que l'on appelle les symptômes de sevrage : votre organisme «réclame» davantage d'alcool.

Le craving

En réponse aux symptômes de sevrage, l'organisme répond par un désir très fort d'alcool : c'est ce que l'on nomme le "craving" (que l'on peut traduire par "forte envie"). La force de cette envie peut pousser à boire sans limite, ce qui peut amener à une perte de contrôle de la consommation.

Le cercle psychologique

Ce cercle représente les conséquences psychologiques de la consommation excessive et de la dépendance. Il s'agit ici des effets sur l'image de soi, mais aussi de l'alternance avec certains troubles psychiques.

Effets sur l'image de soi

La consommation excessive d'alcool peut causer toutes sortes de problèmes, qui ont à leur tour une répercussion sur l'image que vous avez de vous-même. La boisson provoque des sentiments de culpabilité et de honte, ressentis comme désagréables et parfois comme insupportables. Cela peut entraîner un premier cercle vicieux, qui consiste à tenter de faire disparaître ces sentiments en les "noyant dans l'alcool".

Les troubles psychiques

Certains troubles psychiques (tels que la dépression ou les troubles anxieux) peuvent pousser à boire davantage, car l'alcool peut réduire l'intensité de ces troubles à court terme. À long terme, à l'inverse, la consommation excessive d'alcool peut engendrer ou renforcer ces troubles psychiques. Après un certain temps, il devient impossible de distinguer la cause de l'effet.

Le cercle social

Les conséquences de la consommation se font également ressentir au niveau des relations sociales. D'une part, la consommation problématique peut engendrer des problèmes sociaux et, d'autre part, elle génère le risque de s'isoler socialement au fil du temps.

Conséquences sur les relations sociales

Les problèmes sociaux engendrés par la consommation d'alcool sont nombreux : difficultés au travail, conflits avec son partenaire ou d'autres membres de la famille, problèmes financiers et/ou conflits avec la justice. Ces problèmes engendrent un stress important qui, à son tour, va alimenter le cercle de la consommation d'alcool excessive.

L'isolement social

On remarque que les personnes ayant une consommation problématique d'alcool vont avoir tendance à rechercher la compagnie d'autres personnes consommatrices. L'avantage peut être de ne plus devoir justifier sa consommation excessive d'alcool ou de se sentir moins jugé.

Cependant, le risque est de se retrouver dans un milieu constitué uniquement de consommateur·ices et de perdre totalement le contact avec les «personnes extérieures» à ce groupe (conjoint·e, ami·es, famille...).

Le cercle cérébral

Enfin, la consommation excessive d'alcool a des effets sur le fonctionnement du cerveau.

Le fait de boire beaucoup a des répercussions rapides sur la perception de la réalité et sur la capacité à l'autocritique. Il peut par exemple devenir plus difficile de mettre en place un changement durable (comme arrêter de boire) ou de prendre du recul sur une situation. C'est le moment où l'on peut se dire "ce n'est pas encore si grave", "je n'ai aucune raison de m'en faire" ou encore "c'est juste un verre de plus".

Une consommation d'alcool excessive et de longue durée peut aussi provoquer des lésions cérébrales. Les fonctions de la mémoire ne sont pas les seules à être affectées : certaines zones du cortex frontal, normalement responsables du comportement et de la maîtrise de soi sont également atteintes. Ceci se traduit également par une diminution de la capacité à résister à l'envie de boire.

Pour en savoir plus sur les effets de l'alcool sur le cerveau, cliquez ici.

    L'ensemble

    Les quatre cercles que nous venons de décrire constituent quatre processus qui se renforcent mutuellement. Chacun de ces cercles commence, après quelque temps, à tourner sur lui-même et enclenche à son tour les autres cercles. Avec le temps, ces processus peuvent devenir un automatisme. L'ensemble des cercles continue à tourner sur eux-mêmes, et il devient de plus en plus difficile d'en sortir avec le temps.