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Changer sa consommation

Situations à risque et reconsommation

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Un changement de comportement constitue, en général, un processus comportant à la fois des avancées, des difficultés et parfois des moments où la consommation peut reprendre le dessus. Des habitudes peuvent, en effet, orienter une vie entière.

Nous parlons ici volontairement de retour de la consommation ou reconsommation plutôt que de rechute. Le terme « rechute » peut en effet donner l’impression d’un échec brutal, ou d’un retour à la situation de départ. À l’inverse, une reconsommation n’efface pourtant pas les changements qui ont déjà été réalisés et n’est pas forcément une catastrophe. Elle peut au contraire permettre de mieux comprendre ce qui s’est passé et d’identifier les situations dans lesquelles il est plus difficile de maintenir les habitudes souhaitées.

Comprendre ce qui se passe avant un retour de la consommation

Une reconsommation n'est pas un événement fortuit. Il est utile de mettre en avant ce qui l'a précédée en essayant d’identifier les contextes, pensées, émotions et sensations qui y étaient associés avant la décision de reconsommer. On peut alors essayer de comprendre la chaîne d’événements qui commence souvent par une situation à risque dans laquelle la consommation devient plus difficile à contrôler ou plus probable.

Une chaîne peut par exemple prendre la forme suivante :

Ces différents éléments ne sont pas toujours présents dans le même ordre et peuvent parfois se mélanger. Certains peuvent également se dérouler très rapidement, voire de manière automatique.

Repérer les situations à risque 

Repérer les différents éléments favorisant un retour de la consommation permet de mettre en avant les signes avant-coureurs et de réfléchir à la manière d’interrompre la chaîne le plus tôt possible. Il n’est pas nécessaire d’attendre que la consommation ait commencé pour intervenir. La chaîne peut parfois être interrompue dès la situation à risque, mais aussi au niveau des pensées, des émotions, de l’envie de boire ou de la décision.

Les situations à risque peuvent être liées à des contextes extérieurs, par exemple :

  • Certains endroits : passer devant un café, aller à une fête, entrer dans une taverne, etc.
  • Certains moments de la journée : pendant la pause de midi, à la fin de la journée de travail, pendant les repas, etc.
  • Certaines personnes : lors de la rencontre de certains « amis consommateurs d'alcool », les collègues, le ou la partenaire, etc.
  • Certains événements : une fête, une réussite à célébrer, une dispute, une période particulière, etc.

Les situations à risque peuvent également être liées à des contextes internes, par exemple:

  • Des sentiments ou émotions : être tendu·e, seul·e, déprimé·e, en colère ou s’ennuyer etc…
  • Des pensées : « maintenant, je l'ai bien mérité », « j'aurai l'air ridicule si je ne bois pas », etc…
  • Des expériences physiques : la fatigue, la faim, la soif, lorsque l’on a mal à la tête, etc…

Souvent, elles peuvent être une combinaison de tous ces éléments. Une situation extérieure peut par exemple être associée à un état émotionnel particulier, à certaines pensées ou encore à de la fatigue. C’est l’ensemble de ces éléments qui peut rendre une situation plus difficile à gérer.

Par exemple :

  • Une réserve d’alcool est rapportée à la maison « pour le cas où quelqu'un viendrait » → la personne se retrouve seule → la pensée apparaît : « je suis de toute façon seul à la maison, un petit verre ne peut pas me faire de mal » → l’envie de boire apparaît → elle décide de prendre un verre.
  • Une personne marche dans la rue et tombe « par hasard » sur son ancien bistrot de quartier → le patron lui offre un verre qu'elle « ne peut tout de même pas refuser » → elle se retrouve dans une situation familière → elle accepte le verre.
  • Une personne entre dans une taverne avec « simplement l'idée de manger un petit bout » → elle pense que « ce plat doit s'accompagner d'un verre de vin » → l’idée de boire devient plus acceptable → elle commande un verre.
  • Une mission vient d’être terminée avec succès → il y a quelque chose à « fêter » → la pensée apparaît : « juste un petit pour l'occasion » → l’envie de boire est associée au plaisir et à la récompense → la personne décide de boire.
  • « Sans même réfléchir », une personne se rend dans un endroit où elle avait auparavant l'habitude de rencontrer des amis consommateurs d'alcool → ces amis offrent une tournée → elle pense : « je ne vais quand même pas me ridiculiser devant tout le monde » → elle ressent une pression à boire → elle accepte le verre.

La chaîne peut également continuer une fois que la consommation a commencé :

  • Quelques verres sont consommés → la limite qui avait été fixée est dépassée → les effets de l'ivresse commencent à se faire sentir → la pensée apparaît : « de toute façon, le mal est déjà fait et cela ne sert plus à rien d'arrêter » → la consommation continue.
  • Le lendemain, une gueule de bois et un sentiment de culpabilité sont présents → la personne cherche à faire disparaître ces sensations → la pensée apparaît : « je n'y arriverai pas de toute façon » → l’alcool est à nouveau consommé.

Astuce : Si, dans certaines situations, la consommation est moins forte ou inexistante, il peut être intéressant de profiter de ces moments pour ne pas consommer. Cela permet d’identifier ce qui aide à gérer l’envie de boire, puis de s’appuyer sur ces informations pour favoriser ou reproduire plus souvent ces situations.

Établir un plan d'action pour chaque situation à risque

L'objectif consiste à établir un plan d'action d'après les situations à risque habituellement rencontrées. Il s'agit d'imaginer des solutions permettant de faire face à des circonstances difficiles. Les types de situations à risque ainsi que leurs alternatives diffèrent pour chaque personne.

Certaines personnes éprouvent des difficultés dans les situations sociales (contexte externe), d'autres, quand elles se retrouvent seules ou bien encore quand elles se sentent tristes (contexte interne). Avec le temps, il est probable que certaines solutions se distinguent par rapport à d'autres fonctionnant moins bien.

Cela permet d’adapter et de faire évoluer le plan d’action. Il est donc intéressant de tester et d’envisager plusieurs solutions différentes face à une même situation. 

Par exemple, si on a souvent envie lorsqu'on est seul·e chez soi, on peut anticiper en ne constituant pas de réserve d'alcool à la maison. Autre exemple, si le patron du café où on avait l'habitude de se rendre a tendance à offrir un verre aux habitué·es, on peut décider de prendre un autre chemin.