La consommation d’alcool est souvent liée aux relations avec les autres, aux habitudes sociales et aux situations dans lesquelles l’alcool est présent. Les relations peuvent ainsi influencer la consommation, mais la consommation peut également avoir des conséquences sur les relations.
L’alcool dans les relations sociales
Dans de nombreuses situations, l’alcool est associé aux moments de convivialité : sorties entre amis, repas, fêtes, rencontres, moments de détente ou célébrations. Au fil du temps, certaines situations sociales peuvent donc être associées à la consommation d’alcool.
Il peut alors sembler naturel de boire lorsqu’on retrouve certaines personnes ou dans certains contextes. La présence d’alcool, le fait de voir les autres boire ou simplement le fait d’être dans une situation habituellement associée à l’alcool peuvent faire apparaître une envie de boire.
Certaines personnes peuvent également avoir l’impression que l’alcool facilite les relations avec les autres. Il peut donner le sentiment d’être plus à l’aise, plus sociable, plus détendu·e ou plus sûr·e de soi. Certaines personnes peuvent également apprécier l’image du « bon vivant » qui peut être associée à la consommation d’alcool. Profiter de la vie et de ses plaisirs est important et peut facilement être associé à la consommation. Ces effets attendus peuvent renforcer l’association entre alcool et relations sociales.
La pression sociale de boire
Il n’est pas toujours facile de refuser un verre, particulièrement lorsque l’entourage consomme de l’alcool. Des pensées comme « Je ne peux pas refuser », « Tout le monde boit » ou « Je vais gâcher l’ambiance » peuvent rendre la situation plus difficile. La consommation peut alors être davantage liée à la volonté de s’intégrer, de faire comme les autres ou d’éviter de se sentir différent·e. Certaines personnes peuvent également craindre les réactions de leur entourage lorsqu’elles décident de réduire ou d’arrêter leur consommation.
Refuser un verre peut sembler simple, mais dans certaines situations, ou avec certaines personnes cela peut être bien plus difficile qu’on ne le pense. La peur de décevoir, de se faire remarquer ou de devoir expliquer sa décision peut rendre le refus compliqué.
Certaines personnes de l’entourage peuvent également insister ou exercer une pression, parfois sans avoir conscience de la difficulté que cela représente. Des phrases comme « Allez, juste un verre », « Tu peux bien faire une exception » ou « Il ne faut quand même pas exagérer » peuvent rendre le refus plus difficile.
Dans ces situations, il peut être utile de préparer à l’avance une réponse simple et de ne pas avoir à se justifier longuement. Un simple « Non merci, je ne bois pas », « Non merci, pas cette fois » ou « Je préfère prendre autre chose » peut suffire.
Lorsque l’insistance continue, et que répéter sa réponse ou changer de sujet ne suffisent pas, il peut être utile de prendre temporairement ses distances avec elles ou d’éviter certaines situations. S’éloigner pendant un temps des personnes qui exercent une forte pression sociale peut aider à protéger sa démarche et à réduire les situations à risque. Cela ne signifie pas mettre fin à la relation, mais simplement se donner les conditions nécessaires pour avancer. L’objectif n’est pas nécessairement de convaincre l’entourage, mais de pouvoir maintenir sa décision malgré la pression.
Quand la consommation commence à affecter les relations
Lorsque la consommation devient importante ou fréquente, elle peut progressivement avoir des conséquences sur les relations avec les proches. Des tensions peuvent apparaître autour de la consommation, des quantités bues, des comportements sous l’influence de l’alcool ou des conséquences le lendemain. Les disputes, les promesses non tenues, les oublis ou les changements d’humeur peuvent également fragiliser les relations.
Au fil du temps, la consommation peut aussi contribuer à un isolement progressif. Certaines personnes peuvent commencer à éviter leur entourage, à se couper de certaines relations importantes ou à ne plus participer à certaines activités. Les relations peuvent devenir plus difficiles à entretenir, notamment lorsque l’alcool prend de plus en plus de place dans la vie quotidienne.
Il peut alors arriver que le monde se réduise progressivement autour de la consommation d’alcool. Les moments de convivialité, les sorties, les activités et même certaines relations peuvent peu à peu être organisés en fonction de la possibilité de boire. À l’inverse, les situations dans lesquelles l’alcool n’est pas présent peuvent devenir moins attirantes ou plus difficiles à vivre.
Cette évolution peut parfois se faire progressivement et sans que l’on en prenne réellement conscience. Ce n’est pas nécessairement une décision de s’éloigner des autres, mais plutôt une conséquence de la place que la consommation prend au fil du temps. Il peut alors devenir difficile de maintenir certains liens importants ou de retrouver les activités et les relations qui avaient auparavant une place dans la vie.
La consommation peut ainsi créer un cercle difficile à interrompre : les difficultés relationnelles peuvent provoquer du stress, de la tristesse ou de la solitude, qui peuvent à leur tour renforcer l’envie de boire. L’alcool prend alors davantage de place, ce qui peut encore renforcer l’isolement.
Prendre conscience de cette évolution est une étape importante. Observer la place que l’alcool occupe dans les relations, les activités et la vie quotidienne peut permettre de repérer ce qui a changé et ce qui a progressivement été laissé de côté. Cela peut également aider à identifier les liens importants à préserver ou à retrouver.
L’entourage plus proche
L’entourage peut avoir une influence importante lorsqu’une personne souhaite réduire ou arrêter sa consommation d’alcool. Il peut parfois être difficile pour les proches de comprendre cette décision, en particulier lorsque l’alcool occupe une place importante dans les moments partagés. Certaines personnes peuvent minimiser la consommation, ne pas prendre la démarche au sérieux ou continuer à proposer de l’alcool.
Dans ces situations, il peut être utile d’expliquer clairement sa démarche aux personnes concernées et de leur faire savoir ce qui peut aider ou, au contraire, rendre la situation plus difficile.
L’entourage peut toutefois aussi constituer un soutien important. Pouvoir parler de ce qui est vécu avec une personne de confiance, être soutenu·e dans les moments difficiles ou simplement ne pas rester seul·e face à l’envie de boire peut faciliter le changement.
Il peut être utile d’identifier les personnes auprès desquelles il est possible de trouver de l’écoute, de la compréhension et du soutien, particulièrement dans les moments où l’envie de boire est forte.
L’entourage peut ainsi représenter à la fois une source de difficultés et une ressource importante dans une démarche de changement.
| À retenir : L’alcool est souvent associé aux moments de convivialité, reliant ainsi certaines situations sociales à la consommation et pouvant les influencer. Dès lors, une pression sociale peut émerger de ces moments et il peut s’avérer difficile de refuser un verre. Certaines astuces permettent de répondre à ces sollicitations dans l’objectif de se protéger des situations à risque. Les proches peuvent d’ailleurs constituer à la fois un frein et une ressource dans le cadre de l’arrêt de votre consommation. |