Qu’est-ce que c’est ?
On parle de codépendance pour qualifier les comportements qu’un·e ou plusieurs personnes peuvent adopter face à la consommation d’un·e proche. Ces comportements, parfois inconscients, visent à faire face aux conséquences de la consommation excessive.
Cela peut prendre plusieurs formes : “couvrir” son conjoint·e qui ne va pas travailler, s’occuper des tâches ménagères à sa place ou encore adapter son propre emploi du temps en fonction de lui ou d’elle.
Adopter ces comportements part souvent d’une bonne intention. On souhaite prendre soin de son ou sa proche, lui apporter de l’aide ou encore éviter que la situation n’empire. Ce peut aussi être une tentative de protéger ses enfants des conséquences de la consommation. Parfois, mettre en place ces comportements peut aussi être le moyen de garder une forme de contrôle sur la situation et l’espoir que les choses changent pour le mieux.
Les risques de la codépendance
Malheureusement, à long terme, ces comportements risquent de faire empirer la situation. C’est d’abord le cas sur le plan personnel : à force d’ajouter les tâches d’un·e autre aux siennes, on risque de progressivement s’épuiser. Cela peut même aller jusqu’à un sentiment de culpabilité de ne pas en faire assez, alors même qu’on en fait déjà plus que nécessaire.
Le risque est également de se sur-responsabiliser et, par extension, de déresponsabiliser son ou sa proche. En effet, si la dépendance ne s’explique pas par un manque de volonté, il faut bien être conscient·e des conséquences négatives concrètes que cette consommation engendre pour soi et pour les autres avant de souhaiter en sortir.
Au final, compenser la consommation d'un·e proche a pour conséquence de maintenir, voire de renforcer les comportements de consommation.
Sortir de la codépendance
Les comportements de codépendance induisent donc davantage d’aspects négatifs que positifs sur les moyen et long terme. Pour autant, en sortir n’est pas forcément évident. Cela signifie modifier une manière de fonctionner qui s'est ancrée avec le temps, pour soi comme pour son ou sa proche. On peut par exemple ressentir de la culpabilité, en se disant que l’on l'abandonne.
On peut aussi avoir peur de ce qu’il pourrait se passer si nous ne sommes plus là pour compenser les conséquences que la consommation a pour soi, pour ses enfants ou encore sur le plan financier.
Ces réactions sont légitimes : il s’agit d’un mode de fonctionnement souvent ancré, et dont il n’est pas simple de sortir. Dans tous les cas, il est important de se rappeler que questionner sa façon d'agir ne remet pas en cause l’amour que l’on a pour son proche. Il s’agit en fait d’un moyen de se protéger, de prendre soin de soi et, finalement, de rééquilibrer la relation.
| À retenir : Le terme « codépendance » désigne les comportements adoptés par les proches pour faire face aux conséquences d’une consommation excessive. Ces comportements risquent cependant d’aggraver la situation à long terme, tant pour la personne qui consomme que pour vous. Sortir de la codépendance est un synonyme de rééquilibrage de la relation, et non d’abandon de son proche. |