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Facteurs biologiques

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Nous ne réagissons pas tous de la même manière à une même quantité d’alcool. Le poids et la composition corporelle, l’âge, le sexe, la génétique ou encore l’état de santé peuvent influencer la façon dont l’alcool est absorbé, distribué et éliminé par l’organisme. Certaines situations particulières, comme une chirurgie bariatrique ou la prise de certains médicaments, peuvent également modifier ses effets. Comprendre ces différences permet de mieux comprendre pourquoi le nombre de verres ne suffit pas à lui seul à prédire les effets de l’alcool sur une personne

Poids et composition corporelle 

Le poids influence la manière dont l’alcool se répartit dans l’organisme. Comme l’alcool se diffuse principalement dans l’eau corporelle, une personne de petit gabarit atteint généralement une alcoolémie plus élevée qu’une personne plus corpulente après avoir consommé la même quantité d’alcool.

Mais le poids ne suffit pas à expliquer ces différences. La composition corporelle joue également un rôle : la masse musculaire contient davantage d’eau que la masse grasse. Deux personnes de même poids peuvent donc avoir une alcoolémie différente après avoir consommé la même quantité d’alcool.

Ainsi, pour comprendre pourquoi l’alcool n’agit pas de la même façon chez tout le monde, il faut tenir compte de plusieurs caractéristiques du corps : le poids, la quantité d’eau corporelle et la masse musculaire.

Alcool et âge

L’âge joue également un rôle majeur sur les effets de l’alcool. Les réactions de l’organisme ne sont en effet pas les mêmes tout au long de la vie. À l’adolescence, le cerveau est par exemple encore en développement et particulièrement sensible à l’alcool. Avec le vieillissement, les modifications du corps et la présence plus fréquente de maladies ou de traitements médicamenteux peuvent également renforcer ses effets.

Alcool et adolescence

Plus la consommation commence tôt et est importante, plus les risques de dommages à long terme et de problèmes liés à l’alcool à l’âge adulte sont élevés.

Le développement cérébral se poursuit en moyenne jusqu’à 25 ans et, jusqu’à cet âge, la vulnérabilité aux effets de l’alcool est plus importante. Une consommation excessive peut perturber la mémoire, la concentration, le raisonnement et la maîtrise de soi, tout en augmentant les risques d’accidents, de comportements impulsifs, de black-outs et d’intoxication alcoolique.  

Alcool et personnes âgées

Avec l’âge, l’alcool est moins bien toléré : ses effets peuvent être plus importants et les risques de chutes et d’accidents augmentent. Par ailleurs, la consommation problématique est souvent difficile à repérer, car certains signes (fatigue, troubles de mémoire, chutes…) peuvent être attribués au vieillissement. Elle peut correspondre à une consommation ancienne qui se poursuit, ou apparaître en réaction à des changements de vie comme la retraite, l’isolement ou la perte d’un proche. Enfin, les interactions avec les médicaments sont plus fréquentes et peuvent renforcer les risques. 

Les différences liées au sexe biologique

Les personnes nées de sexe masculin et féminin ne réagissent pas de la même manière à l’alcool. À quantité consommée égale, l’alcoolémie peut être plus élevée chez les femmes et les effets de l’alcool peuvent apparaître plus rapidement et plus intensément.

Voici, par exemple, une comparaison de l'alcoolémie après la consommation d’un verre standard :

À noter : cet article fait mention des différences biologiques, et non du genre tel qu’il est vécu par chacun·e.

Pourquoi cette différence ?

Plusieurs caractéristiques physiologiques peuvent l’expliquer. En moyenne, les femmes ont un poids et une proportion de masse musculaire plus faibles, ainsi qu’une quantité d’eau corporelle moindre. L’alcool se retrouve donc davantage concentré dans le sang après une même quantité consommée. 

Le foie est également généralement plus petit chez les femmes, ce qui expliquerait aussi, dans une moindre mesure, cette différence. 

Des risques plus importants en cas de consommation excessive

Cette différence de sensibilité peut avoir des conséquences sur la santé. À consommation excessive et répétée, les femmes présentent notamment un risque accru de lésions du foie et du cerveau.

Certains risques concernent également spécifiquement la santé au féminin, notamment une augmentation du risque de cancer du sein et des perturbations du cycle menstruel. Pendant la grossesse, la consommation d’alcool peut également entraîner des complications et exposer le fœtus à des risques importants.

Alcool et génétique

La recherche récente tend vers l’idée qu’il n’existe pas de « gène de l’alcoolisme » à proprement parler. Pour autant, certains facteurs génétiques peuvent augmenter ou diminuer la vulnérabilité d’une personne face à l’alcool et influencer sa manière de le métaboliser.

Par exemple, certaines personnes présentent une particularité génétique qui ralentit l’élimination de l’alcool et provoque un « flush » (rougeur du visage, chaleur, palpitations, nausées…).

Ces facteurs génétiques n’agissent toutefois jamais seuls : l’environnement, l’éducation, les habitudes et les modèles familiaux jouent également un rôle important. Avoir une vulnérabilité génétique ne signifie donc pas que l’on développera nécessairement un problème d’alcool, mais peut rendre certaines personnes plus sensibles aux effets ou aux risques liés à sa consommation.

Alcool, foie et système digestif

L’état du foie influence la capacité d’une personne à traiter l’alcool. Toutefois, il n’est pas le seul organe qui peut expliquer les différences entre les personnes. Le système digestif influence lui aussi la manière dont l’alcool arrive dans le sang. Par exemple, après certaines chirurgies bariatriques, comme le bypass gastrique ou la sleeve, l’alcool peut être absorbé plus rapidement. L’alcoolémie peut alors augmenter plus vite et atteindre un niveau plus élevé après une même quantité consommée.

Certaines maladies et certains traitements peuvent également rendre une personne plus vulnérable aux effets de l’alcool. Chez les personnes diabétiques, par exemple, l’alcool peut perturber la régulation de la glycémie et augmenter le risque d’hypoglycémie dans certaines situations. 

Ces différences montrent qu’une même quantité d’alcool ne produit pas nécessairement les mêmes effets chez tout le monde. La façon dont l’organisme absorbe, distribue et élimine l’alcool dépend de nombreuses caractéristiques biologiques propres à chaque personne.

À retenir :
Plusieurs facteurs biologiques influencent la manière dont notre corps va réagir à une certaine quantité d'alcool. Le poids, la quantité d'eau corporelle, la masse musculaire, l'âge, le sexe à la naissance ou certains facteurs génétiques ainsi que l'état de santé du foie et du système digestif sont parmi les facteurs les plus importants.